Bébé couche libéré !

L’hygiène naturelle infantile au quotidien

8 octobre, 2008

Comment je suis venue à l’hygiène naturelle pour mes enfants

Classé dans : General,Non classé,Temoignages — hygienenaturelle @ 10:05

Quand mon second enfant est né, je lui ai mis des couches lavables. Un jour, alors qu’il avait 4 mois, sur le forum de La communauté des couches lavables, j’ai lu une discussion sur l’hygiène naturelle. Ca m’a tout de suite parlé. J’ai décidé d’observer quelques jours. Puis j’ai essayé de lui proposer. Dès que je me suis détendue, le pipi a jaillit. Nous avons pratiqués alors quelques semaines, mais en général j’étais moins disponible l’après-midi, donc je lui remettais des couches. Ensuite, j’ai été fortement handicapée par un problème de canal carpien et j’ai décidé de faire une pause. J’avais déjà du mal à l’habiller, à le porter… Quelques mois ont passé et nous nous y sommes remis avec bonheur. Jusqu’à ce qu’on parte en vacances, où mon fils a porté des couches jetables et s’est mis à marcher. A notre retour, il refusait toute proposition. Sa « grève du pot » a duré longtemps… Mais je trouvais important de le laisser assez souvent sans couche à la maison, à la fois pour qu’il garde conscience de ce qui se passait dans son corps et à la fois parce qu’il détestait qu’on l’allonge pour lui mettre une couche ! Parfois, je le mettais aussi en culottes d’apprentissage en tissu. Ce, jusqu’à ce qu’un jour il trouve que s’asseoir sur le pot, ce n’était tout compte fait pas si mal et qu’il commence son chemin vers la continence.

Pendant ce temps-là, je suis tombée à nouveau enceinte. Je m’étais aussi davantage documentée sur le sujet. Des témoignages de parents m’avaient donné envie de commencer l’HNI beaucoup plus tôt, dès la naissance. Je me suis donc préparée à accueillir mon bébé sans couche, jour et nuit. Je n’ai acheté que des langes prépliés (aussi appelés prefolds), un tout petit pot de bébé et quelques accessoires spécialement conçus pour l’HNI. Bébé est né et a directement lâché son méconium sur moi. Après la période de peau à peau, je lui ai mis des langes prépliés tenus par un « élastique » (adapté à bébé et entouré de tissu) et je l’ai changé chaque fois qu’il était mouillé. Peu à peu, j’ai commencé à distinguer ses rythmes d’élimination, à distinguer certains signaux. Au début, j’ai commencé à le poser sur le pot pendant les tétées qui suivaient son réveil. Puis, vers ses un mois, j’ai commencé à lui proposer d’éliminer en dehors des tétées. Peu à peu, la communication s’est affinée. J’ai eu de plus en plus confiance en moi et en mon bébé et j’ai retiré les couches (sans culotte de protection ou sans pantalon en laine) que je lui mettais pendant les sorties.

Lorsqu’il avait trois mois, nous sommes partis un mois en Algérie et il n’a pas porté des couches, si ce n’est parfois des couches en tissu sans matière imperméable.

Je voudrais ajouter que j’avais un peu peur de ne pas m’en sortir avec trois enfants à gérer. Mais en fait, l’hygiène naturelle est intégrée dans notre quotidien et je n’ai pas à y penser en dehors de quand mon bébé signale ou quand une petite voix intérieure me fait « tilt »… Il y a assez souvent des ratés, surtout lorsque je suis derrière mon ordinateur ou occupée à autre chose, mais l’important pour moi est la communication que permet l’HNI et la liberté que mon bébé éprouve à grandir sans couches.

 

 

Qu’est-ce que l’hygiène naturelle infantile ?

Classé dans : General,Non classé — hygienenaturelle @ 10:03

Voici un article que j’ai écrit et qui est paru dans le magazine Grandir Autrement (http://www.grandirautrement.com) en mars 2007.

 

L’hygiène naturelle ou comment se passer des couches pour nos enfants

 

L’Hygiène Naturelle Infantile (HNI), ou en anglais Elimination Communication, pourrait sembler, de prime abord, être une méthode pour que son enfant soit vite propre. C’est en fait une réponse aux besoins de l’enfant qui s’inscrit dans une démarche de maternage de proximité, une façon d’être ensemble.

Pot HNI

 

Et si c’était vrai ?

Imaginez que votre bébé, dès sa naissance, voire avant, ait déjà conscience de sa vessie pleine, de ses besoins d’élimination. Tout comme de sa faim, ou de son sommeil, par exemple. Imaginez également qu’il signale ce besoin à sa manière, comme pour ses autres besoins. Et que vous, parents, puissiez lui répondre en lui proposant, dès son plus jeune âge, de faire ses besoins dans les toilettes, sur le pot, ou tout autre endroit pratique. Vous pensez que cela n’est que pure fiction, et qu’un tel procédé serait peut-être même dangereux pour l’équilibre de votre enfant ? Et si, pendant de nombreux mois, vous passiez à côté de signaux qu’il vous adresse pour vous faire comprendre le contraire ?

Vers un maternage de proximité

C’est ce doute qui a décidé Sandrine Monrocher-Zaffarano, auteure de L’hygiène naturelle de l’enfant ou la vie sans couches (Éditions Jouvence), à tenter l’aventure de l’hygiène naturelle. « Au début, ça me paraissait extra-terrestre comme démarche. Je n’avais pas du tout envie de dresser mes enfants à la propreté. Alors pour mon premier enfant, j’avais attendu que ce soit lui qui manifeste le désir d’être continent (je préfère ce mot à « propre »). Et puis, j’ai lu le livre d’Ingrid Bauer, La vie sans couches, c’est la liberté¹, qui à l’époque n’était pas traduit en français. Ça a tilté tout de suite car ça allait dans le sens du maternage dans lequel je vivais ». Une conviction qui se renforce lorsqu’elle lit que l’étude de Terry Berry Brazelton, l’un des pédiatres américains à l’origine du mouvement, disant que la continence doit venir de l’enfant, et non être imposée par le parent, a été sponsorisée par Procter & Gamble, qui commercialisera ses premières Pampers quelques années plus tard. « L’étude montrait que, pour des milliers d’enfants, l’âge moyen de propreté diurne se situait autour de vingt mois. Bien sûr, puisque les parents n’entreprenaient rien… L’expérience de milliers de parents dans le monde, c’est que les tout-petits sont capables d’être plus ou moins continents bien avant. Par contre, si ce résultat est la conséquence d’un dressage, le prix à payer est d’avoir des enfants qui seront déconnectés de leur corps… ».

Pas un dressage, mais une relation

Mais l’hygiène naturelle n’est ni un dressage, ni même une méthode. Sandrine la définit comme « une relation en tandem qui s’instaure, une interaction qui renforce la communication : c’est un pas de danse à deux. »

Tout comme on ne compte pas les tétées quand on allaite, au début il ne faudra pas compter les nombreux petits pipis, sous peine d’être découragé… Ni se focaliser sur les retours en arrière.

De même qu’« on n’allaite pas un enfant dans le but de le sevrer, même si de fait le sevrage arrivera bien un jour, on ne pratique pas non plus l’hygiène naturelle dans le but que l’enfant soit continent ! »

Pour quoi faire ?

Est-il logique de commencer à décoder les signaux indiquant un besoin d’uriner quand l’enfant est déjà grand ? Est-il raisonnable d’attendre de lui qu’il apprenne à se retenir, avant même d’avoir appris à relâcher son sphincter externe (celui que l’on contrôle) ?

Mais d’un autre côté, nos enfants seront bien propres un jour ! Pourquoi se compliquer la vie ? On peut vouloir ainsi renforcer la relation avec son enfant en écoutant tous ses besoins, renforcer son sentiment de compétence, laisser l’enfant libre de ses mouvements, lui éviter les érythèmes fessiers, ne pas le couper de son corps, lui éviter de baigner dans ses déjections, s’éviter à soi d’avoir à entrer en contact avec celles-ci, ou encore choisir l’hygiène naturelle pour des raisons écologiques, ou même économiques… Bref, les raisons sont multiples. Mais comment faire concrètement ?

Quand ?

Le plus tôt est le mieux, idéalement avant les quatre mois du bébé. Ensuite, rien n’est perdu, mais c’est plus difficile. Et même en commençant tôt, cela n’empêchera pas qu’il y aura des tâtonnements, comme le précise Sandrine « Avec ma fille, j’ai commencé dès la naissance. Elle faisait des pipis tous les quarts d’heure, le matin. Ce qui compte, ce n’est pas que tout finisse dans les toilettes, mais l’attitude du parent. » On n’est pas obligé non plus de pratiquer l’hygiène naturelle tout le temps, on peut réserver des moments où l’on est disponible. On peut aussi mettre à son enfant une couche lavable sans culotte de protection, ou une culotte d’entraînement, ou un pantalon, si on ne souhaite pas le laisser les fesses à l’air². « Même si on reprend le travail, le peu que l’on aura pratiqué sera toujours ça de fait. Et, de même que pour l’allaitement, l’enfant s’adapte quand il est gardé ».

Comment ?

Il faut apprendre à observer et décoder les signaux émis par l’enfant. Les parents témoignent souvent combien c’est facile de repérer les cacas imminents. Une fois le signal repéré, on propose à l’enfant de faire ses besoins à l’endroit choisi. Mais sans insister. On peut lui proposer un signe gestuel pour exprimer son besoin (issu par exemple de la langue des signes), ou utiliser le célèbre « psst ». Il est aussi plus facile de repérer les signaux lorsque l’enfant est porté, car l’enfant a alors l’instinct de s’éloigner. Autre astuce : « attraper » le premier pipi du réveil en proposant à ce moment-là.

Généralement, on tient l’enfant sous les cuisses, le dos contre son ventre. Et pour les garçons, on fait attention à ce que le zizi soit en bas, pour éviter d’être arrosé ! S’il est trop petit, on peut l’allonger sur notre bras. « Ce qui est impressionnant, explique Sandrine, c’est le regard du bébé, la première fois qu’il fait son besoin ainsi. Ce doit être la satisfaction de voir son besoin écouté. »

Et pendant le sommeil ? Souvent les réveils nocturnes sont dus au fait que l’enfant fait pipi.

Et rapidement, les pipis s’espacent. En effet, lorsque le sommeil est profond, le corps est au repos, la digestion est ralentie et le besoin d’éliminer est moins important. Il n’est plus alors nécessaire d’avoir constamment un récipient à portée de main. « Ça n’a finalement pas représenté de ma part une attention démesurée, ajoute Sandrine. Car ça ne dépendait pas que de moi ! Ma fille se manifestait et ses grands frères savaient aussi repérer ses signaux ».

Des moments où l’on n’est pas en phase

Il y a souvent des périodes de régression. Au moment de la marche notamment, on rencontre fréquemment une période plus ou moins longue de refus. Proposer un réducteur pour les toilettes, ou un marche-pied pour faire pipi debout (pour un garçon), peut aider. « Les périodes de régressions sont très frustrantes si l’on pratique l’hygiène naturelle dans une optique de performance. Mais il ne faut pas penser en termes de réussites ou de ratés, conclut Sandrine. »

livreingridbauer.jpg


1 : Éditions l’Instant présent (2006).

2 : ou également des jambières (dites aussi Babylegs, nom de la marque la plus connue).

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